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Le métro de Naples

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Qui n’a jamais rêvé d’entrer dans un musée en payant 1,10 € pour une visite, 3,50 € pour une journée, 12,50 € pour une semaine et 35 € pour un mois ? C’est possible à Naples, avec des tickets de métro

 Et ce métro, un des plus beaux du monde, est un véritable musée d’art moderne où il est possible d’admirer près de deux-cents œuvres d’une centaine d’artistes. Deux lignes, la 1 avec onze stations, et la 6 avec quatre stations, forment la metro dell’arte, légitime fierté des Napolitains. Ces quinze stations ont toutes été construites par des architectes de renommée mondiale. Une visite du métro lors d’un séjour à Naples s’impose donc, et il serait dommage de s’en priver.  La station Garibaldi, devant la gare centrale, a été conçue par l’architecte français Dominique Perrault. Les tapis roulants s’entrecroisent, montent et descendent dans des tunnels de verre dans une ambiance high-tech soulignée par une belle lumière vive. Une fois en bas, on découvre deux installations de Michelangelo Pistoletto, avec des effets de miroir caractéristiques de cet artiste. Les voyageurs font alors partie des deux œuvres et se voient dans les deux panneaux, un sur chaque quai. L’effet est saisissant mais sans aucun côté déstabilisant. À la station Università, un portait de Dante et un de Béatrice sont reproduits sur les deux escaliers. On est aux pieds des lieux de savoir et Karim Rachid, l’architecte et designer anglo-égyptien qui a conçu la station s’en est donné à cœur joie. Jugez-en : une grande sculpture en aluminium représentant des synapses, de gros piliers noirs en forme de visages de profil dans lesquels se reflètent les leds du plafond, des murs rétro-éclairés avec les symboles de toutes les disciplines universitaires, accueillent étudiants, enseignants et voyageurs dans une atmosphère studieuse. Mais la plus étonnante des stations est celle de Toledo. Élue plus belle station de métro au monde, elle s’ouvre sur une mosaïque où William Kentridge, artiste sud-africain, a placé en tête San Gennaro guidant une procession de personnages symboles de Naples et de Pompéi. Avant de descendre vers les voies une deuxième mosaïque du même artiste représente un homme qui tire une charrette poussée par une femme sous le regard d’un chat inspiré d’une fresque de Pompéi. Les ruines d’un fort de l’époque aragonaise, un couloir avec des murs où l’on voit bouger la mer par l’Américain Robert Wilson, des murs couverts de portraits par l’Italien Oliviero Toscani, une phrase écrite sur le plafond par l’Américaine Laurence Weiner, des panneaux en céramique avec des hommes et des femmes qui s’envolent par les Ukrainiens Ilya et Emilia Kabakov, et une grande mosaïque de l’Italien Francesco Clemente représentant la vallée suisse d’Engadina, dernière vallée atteinte par la lumière de la Méditerranée, conduisent vers les voies et le point central de la station avec son extraordinaire puits de lumière. Le Catalan Oscar Tusquets Blanca et le même Robert Wilson ont imaginé un puits de lumière qui va de la rue au métro qui se trouve à 40 m de profondeur. 144 leds dans la gamme des bleus sont dispersées dans le puits de lumière et répondent aux mosaïques qui couvrent le plafond de bleu et de blanc avec les « olas », vagues bleues elles aussi en mosaïque. L’ensemble donne une atmosphère onirique. On est sous le charme de cet endroit qui donne envie de rester plutôt que de suivre le rythme effréné des trajets habituels dans un métro. Il ne faudrait pas non plus oublier la station Dante sous la place éponyme, avec une installation qui s’adresse directement aux voyageurs, par Joseph Kounelis, un des maîtres de l’Arte Povera, ni la station Vanvitelli, avec l’installation de Mario Mertz, un autre maître de l’Arte Povera, ou celle du Municipio, dernière-née en 2015 avec les restes d’un fort de l’époque angevine au milieu d’une architecture moderne. La municipalité et le coordinateur artistique Achille Bonito Oliva ont parfaitement rempli la mission qu’ils s’étaient fixée : créer un véritable musée d’art contemporain accessible à tous et dans toute la ville. Et c’est un excellent moyen de se déplacer dans Naples et de découvrir son ouverture sur les artistes du monde entier.

 di Philippe Poivret

 

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