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Joël Leick: une expo et des racines italiennes à découvrir à Thionville

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 Joël Leick expose en ce moment à Puzzle à Thionville. Mais qu’est ce que Joël Leick a à voir avec l’Italie ? Avec un patronyme, on ne peut plus mosellan, qu’est-ce que cet artiste a à voir avec l’Italie ? Eh bien, il a deux choses à voir avec l’Italie : sa famille d’abord, son travail ensuite. Commençons par la famille. C’est un peu compliqué mais cela vaut la peine d’être raconté. Ses arrières grands parents, originaires de Bologne, ont émigré aux Etats Unis et on eut une fille, Maria. La maman de Maria meurt quand elle a 8 ans et son père retourne en Italie où il va refaire sa vie. La tante de Maria décide plus tard d’émigrer en France et Maria l’accompagne. Elle a alors 18 ans et c’est en Lorraine qu’elle émigre. Là elle rencontre un italien, Rafaele né à Tracuera près de Turin et venu lui aussi en Lorraine pour travailler. Raffaele et Maria auront une fille Adèle qui sera appelée Delia et c’est elle qui va se marier avec un Lorrain et le couple aura un fils : Joël Leick. Une histoire de famille entre les Etats-Unis, l’Italie et la France avec des allers et retour dans toutes les générations. Né à Thionville, Joël Leick a donc, comme beaucoup, des origines italiennes. Il est poète, photographe, peintre. Un artiste donc. Et l’Italie, que vient-elle faire dans son œuvre ?  Son art est un art de relation, un art de la relation. Il y a toujours un rapport entre l’œuvre elle-même et quelque chose qui lui ressemble, mais qui n’est pas exactement la même chose. C’est un rapport du même à l’autre puisque les deux entités n’appartiennent pas à des univers différents. Elles se répondent, se complètent ou plutôt l’une éclaire l’autre. Dans ses œuvres sur papier, souvent des diptyques, un détail est décliné avec d’autres moyens dans ou à côté de l’original, qui est seulement un point de départ. Dans son travail, il y a aussi des mots. Des mots en français ou en allemand, des mots inventés en français, et aussi des mots en italien. Comme Paesaggio. Et quand on demande à Joël Leick pourquoi il a choisi ce mot, il répond que c’est parce que ce mot, sa sonorité, ce qu’il évoque lui plaisent. Il ne parle pas l’italien, mais c’est la magie du mot, son caractère universel, sa compréhension immédiate qui lui a fait choisir ce mot, et l’inclure à une série de ses œuvres. Bel hommage à la langue de ses aïeux. Il n’y a pas là, comme pour Jean Portante, le souvenir ou la résurgence d’une langue, « le travail de la baleine ». Les deux hommes ont travaillé parfois ensemble mais leur démarche est différente. Joël Leick a travaillé avec de nombreux poètes français ou non, il est l’auteur de nombreux livres d’artiste notamment un livre étonnant présenté ici, sur Rimbaud. L’Italie ressort aussi dans le choix du papier sur lequel il travaille. Il vient de l’entreprise Fabriano, spécialisé dans la fabrication de papier hauts de gamme, à Milan. Mais là, c’est plus une reconnaissance du savoir-faire italien, qu’un choix délibéré. Joël Leick est un artiste qui pratique un art d’ouverture, de correspondance et de relation. Il faut aller voir son travail, présenté dans des vitrines spécialement conçues pour l’occasion et qui permettent de comprendre, d’apprécier un travail de haute tenue. L’exposition de Joël Leick, présentée à Puzzle (1 Place A Malraux) à Thionville est visible jusqu’22 novembre. Une lecture suivie d’une performance avec trois livres peints de 6m de long est programmée le samedi 13 octobre à 15H et un entretien suivi d’une visite commentée est programmé le samedi 10 Novembre à 14h30    Philippe Poivret 

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